Voir le PDF

Rénovation d’immeubles
d’habitation au niveau BBC Retour d’expérience
sur les opérations menées
dans le Quartier Franklin
à Mulhouse de 2004 à 2010 (Synthèse – Novembre 2010)


La
rénovation
du
quartier
Franklin
à
>
Contexte Mulhouse
est
la
première
opération
de rénovation à très basse consomma- L’opération a été initiée en 2004 par le programme Alsace énergivie
tion de France. Elle a été imaginée en
(Europe,
Région
Alsace,
et
ADEME)
qui
avait
notamment
comme
2004 et lancée en 2005 à un moment
objectif d’expérimenter la rénovation d’immeubles à faible consom- où
personne
en
France
ne
parlait
de
mation d’énergie en milieu urbain. Le programme Alsace énergivie
rénover
les
bâtiments
à
des
niveaux
a
financé
toute
l’ingénierie
d’animation
et
d’accompagnement
du
de consommation deux fois inférieurs
projet entre 2004 et 2010. Le projet a été piloté et animé par l’ALME
(Agence Locale de la Maîtrise de l’Énergie de l’agglomération mul- à
ceux
exigés
par
la
réglementation
housienne) qui a missionné, pour les expertises techniques, le cabi- thermique des bâtiments neufs.
net Enertech, spécialiste du bâtiment performant reconnu au niveau
national. Dès le début de l’opération, l’ALME a établi un partenariat
Ce
rapport
de
synthèse,
réalisé
avec la SERM (Société d’Equipement de la Région Mulhousienne) en
par
l’ALME
(Agence
Locale
de
la
charge du renouvellement urbain pour la Ville de Mulhouse.
Maîtrise
de
l’Énergie
de
l’agglo- mération
mulhousienne),
présente
Les
immeubles
concernés
par
la
rénovation
basse
consommation
l’opération,
résume
les
principaux
ont
été
édifiés
entre
1850
et
1910
et
ont
accueilli
à
l’origine
les
résultats
de
la
campagne
de
suivi
ouvriers du «boom industriel mulhousien». Il s’agit de petites mai- des
consommations,
et
témoigne,
sons mitoyennes sur deux côtés, qui sont construites à l’identique
sur la base des suivis de chantiers,
et se présentent sur 2 à 4 niveaux habitables (R+1 à R+3 + cave +
des
points
de
faiblesse
récurrents
combles).
Majoritairement
privées,
elles
sont
généralement
mal
sur lesquels il faut porter une vigi- entretenues et présentent un retard important en matière d’équipe- lance
accrue.
Des
informations
ment et de confort de base.
plus
détaillées
sur
la
campagne
de
mesures
sont
fournies
dans
Les bâtiments les plus vétustes, dont les travaux sont déclarés d’uti- le
rapport
établi
par
Enertech
et
lité
publique,
sont
achetés
par
la
SERM
lorsque
leur
propriétaire
téléchargeable
sur
le
site
internet
d’origine ne souhaite ou ne peut pas réaliser les travaux de mise aux
www.energivie.fr * normes qui lui sont imposés. La SERM missionne alors des architec- tes afin de déposer un permis de construire et revend les bâtiments à
rénover avec un cahier des charges précis à des investisseurs privés,
le
respect
de
ce
cahier
des
charges
leur
permettant
de
bénéficier
d’un contexte de défiscalisation intéressant (Loi Malraux). Ainsi, la
typologie et l’organisation des futurs logements sont déjà décidées
et l’acheteur a obligation de réaliser la rénovation selon ces termes.
Les logements rénovés sont ensuite destinés à la location.
*(rubrique documentation / pour les professionnels du bâtiment) 2


>
Contexte >
Déroulement de l’opération > Etat des lieux de la basse énergie en Europe >
Le concept étant inconnu en France en 2004, il était impor- et Danemark) et les compare entre eux, tant du point de
tant de définir ce qu’était la basse énergie, sans inventer
vue
des
performances
énergétiques
que
des
coûts.
Il
a
des
notions
qui
existaient
déjà
dans
d’autres
pays
d’Eu- permis de définir un cadre d’intervention pour l’Alsace. rope. Cet état des lieux analyse les concepts de bâtiment
basse énergie dans 3 pays européens (Suisse, Allemagne
> Etude de faisabilité des rénovations envisagées >
L’étude de faisabilité a été réalisée par le cabinet Enertech
du
quartier
Franklin
(consommation
initiale
supérieure
en
2005.
L’objet
de
l’étude
était
d’explorer
les
moyens
à
400 kWh/m2 .an).
Ces
50
kWh/m2.an
en
chauffage
Shab.
techniques
et
économiques
à
mettre
en
oeuvre
pour
par- correspondent
au
niveau
à
atteindre
dans
les
bâtiments
venir à un objectif fixé à 50 kWh/m2 .an en énergie pri- globalement
en
France
pour
satisfaire
l’équilibre
en
car- Shab.
maire pour la consommation de chauffage des bâtiments
bone de notre planète. kWh/m2 .an Chauffage Eau Chaude Sanitaire (ECS) Electricité spécifique parties privatives Shab (énergie primaire) (énergie primaire) (énergie finale) Consommations initiales
410
Inconnue
Inconnue (estimations)
Moy. Française 38
Moy. Française 32 Consommations
50
30
30 après rénovation (objectifs)
>
Des centaines de simulations réalisées à l’aide d’un logi- >
La STU a été transposée dans un cahier des charges basse
ciel
de
simulation
thermique
dynamique,
ont
permis
de
énergie imposé aux maîtres d’ouvrage et annexé au contrat
définir une solution générale, simple à mettre en oeuvre et
de vente. à contrôler, pour l’ensemble des bâtiments de ce quartier.
Cette solution a été appelée par Enertech, la solution tech- nique universelle (STU).
> Mise en place d’un cahier des charges basse énergie >
En complément du cahier des charges architectural clas- intégrant
en
supplément
la
mise
en
place
de
panneaux
sique,
le
cahier
des
charges
basse
énergie
impose
une
solaires pour la production d’eau chaude sanitaire lorsque
obligation de moyens au maître d’ouvrage. Il se base sur
l’orientation du bâtiment est favorable. Les éléments basse
la STU définie par Enertech (cf. paragraphe ci-dessus), en
énergie imposés au maître d’ouvrage sont détaillés dans le
schéma suivant.
3



Les solutions techniques à mettre en oeuvre Isolation des combles R 7,5 m2.°K/W (équiv. à environ 30
cm de laine minérale (LM)). Chauffe-eau solaire Isolation des rampants
selon l’orientation. (si habité en-dessous) : R 4,3 mm2.°K/W
(équiv. à environ 15 cm de LM). Isolation des murs R 4,3 m2.°K/W (équiv. à environ 15 cm
de LM) ­ NB : L’isolation des murs par
l’extérieur est impossible côté rue
Menuiseries
(centre ville). Uw 1,1 Wm2.°K (bois + triple vitrage
peu émissif avec argon).
Isolation des planchers bas
R 4,3 m2.°K/W (équiv. à environ
15 cm de LM). Chaudière gaz
à condensation collective
(ou toute solution permettant
d’atteindre les 50 kWhep/m2.an) Ventilation double flux avec échangeur
(efficacité échangeur > 70 %).
>
Un travail fondamental d’accompagnement, d’animation, d’aide, de contrôle et de suivi >
L’ALME a accompagné et suivi les différents intervenants successifs à chaque étape de la réhabilitation. Elle s’est appuyée pour
cela sur le cabinet Enertech à qui elle a confié une mission d’assistance technique pour chaque phase projet : ·
Phase permis de construire : travail avec les maîtres d’oeuvre
des
documents
de
consultation
afin
de
vérifier
qu’ils
sont
de la SERM pour intégrer les contraintes énergétiques dans
conformes
à
la
demande,
contrôle
des
réponses
des
entre- la
conception
(conformité
des
plans
à
la
mise
en
oeuvre
de
prises). la basse énergie – épaisseurs d’isolants notamment-, dessin
·
Phase chantier : contrôles sur chantier de la nécessaire qua- des
détails
techniques

ponts
thermiques
notamment).
Ce
lité
d’exécution
des
rénovations,
accompagnement,
ajuste- travail,
réalisé
en
groupe,
a
permis
d’optimiser
technique- ment des points de détail. ment et financièrement de nombreux points problématiques :
passage de gaines de ventilation, optimisation des longueurs
·
Mise en location : sensibilisation et information des locataires. de canalisation, isolation des ébrasements, … ·
Fonctionnement
du
bâtiment
:
suivi
des
consommations,
·
Phase études : travail avec le maître d’oeuvre choisi par l’in- des
températures,
et
du
fonctionnement
des
installations
vestisseur (mise au point des détails d’exécution, relecture
techniques. 4


>
Après un an d’exploitation, des résultats prometteurs
>
Des instruments de mesure ont été posés sur 7 bâtiments
>
Le rapport détaillé d’Enertech sur le suivi des consommations
pendant 1 an avec pour objectif d’étudier les consomma- et
des
températures
de
3
bâtiments
rénovés
est
disponible
tions
thermiques
(chauffage
et
ECS)
des
logements,
les
sur
le
site
internet
www.energivie.fr.
ainsi
que
sur
le
site
consommations électriques des services généraux et des
d’Enertech enertech.fr. logements et les températures dans les logements. >
Le chauffage
>
La consommation de chauffage s’avère assez variable d’un
suffit
de
travailler
sur
l’étanchéité
à
l’air
pour
voir
la
bâtiment
à
l’autre
(de
50
à
90
kWhep/m2 par
an).
La
consommation régresser , Shab. consommation
moyenne
d’énergie
primaire
se
situe
à
·
Le dépassement de la température de consigne de 19°C
70 kWh/m2 par an, sachant que la consommation avant
Shab.
en hiver dans les appartements : en moyenne, les tem- rénovation était de 410 kWh/m2.an, soit une division par 6
pératures pendant l’hiver étaient légèrement supérieures
des consommations de chauffage. La campagne de mesure
à
20°C
ce
qui
pénalise
à
nouveau
la
consommation
de
a
permis
d’identifier
3
causes
essentielles
à
ce
dépasse- 11 kWh/m2.an , ment de l’objectif initial de 50 kWhep/m2 par an :
Shab.
·
La
consommation
d’électricité
mesurée
dans
les
loge-
·
L’inefficacité
de
l’étanchéité
à
l’air
de
l’enveloppe
qui
ments a été beaucoup plus faible que celle observée en
a
pénalisé
le
projet
de
16
kWh/m2.an.
En
dehors
de
moyenne dans les logements français (1 100 kWh par an
la
liaison
menuiseries/murs
qui
a
fait
l’objet
ici
d’un
et
par
logement
contre
2
600
en
moyenne
en
France).
soin
particulier,
en
2005,
l’approche
sur
l’étanchéité
Ces
apports
internes
prévus
initialement
dans
l’étude
à
l’air
n’existait
pas
en
France,
et
cette
notion
n’a
pas
représentent un manque de 12 kWh/m2.an et ont dû être
été introduite dans le cahier des charges des premières
compensés par le chauffage. rénovations.
On
sait
maintenant
avec
certitude
qu’il
Les causes de la dégradation des performances attendues – 11 +10 – 11 +10 – 16 – 16 – 16 – 16 – 12 – 12 – 12 – 12 >
Ces
constats
démontrent
que
les
solutions
techniques
ces performances, ainsi qu’une sensibilisation accrue des
prescrites
dans
le
cahier
des
charges
basse
énergie
usagers. Ces résultats nous montrent de façon indéniable
pour
ces
rénovations
permettent
d’atteindre
l’objectif
le rôle important du comportement des usagers dans des
de 50 kWh/m2
par an de consommation de chauffage.
bâtiments à très faibles besoins.
Shab.
Une
bonne
étanchéité
à
l’air
de
l’enveloppe
améliorera
5


>
L’eau chaude sanitaire >
L’eau
chaude
sanitaire
a
été
un
vrai
sujet
de
satisfac- 38 kWh m2 par an. Les mesures et l’analyse ont montré
Shab.
tion
puisque
la
quantité
d’énergie
primaire
nécessaire
que cette performance a été atteinte principalement grâce
mesurée
pour
sa
production
a
été
de
21,4
kWh/m2 à la présence des capteurs solaires. Shab.
par
an
(objectif
initial
de
30
kWh/m2 par
an),
soit
Shab.
56% de la consommation moyenne nationale qui est de
> L’électricité >
La
consommation
d’électricité
des
services
généraux*
équipements
accroissent
la
consommation
des
services
des bâtiments est par contre très élevée (992 kWh/loge- généraux.
Cependant,
des
dysfonctionnements
impor- ment
par
an
contre
700
kWh/logement
par
an
pour
les
tants ont dû exister pour expliquer ce résultat, tels qu’un
logements
sociaux).
Ce
poste
n’a
fait
l’objet
que
d’une
fonctionnement permanent de pompes ou de ventilateurs,
mesure
globale
et
une
campagne
de
mesure
plus
pré- une
absence
de
variation
de
débit
ou
encore
des
résis- cise
devrait
être
menée
pour
déterminer
les
causes
de
tances
chauffantes
restées
en
fonctionnement
pendant
cette consommation élevée. Ces opérations étaient plus
une grande partie de l’année. Il y a là des améliorations
complexes que les opérations habituelles dans la mesure
à
apporter,
qui
nous
rappellent
l’importance
du
soin
à
où elles mettaient en oeuvre une ventilation double flux
apporter au dimensionnement et au pilotage des instal- d’une
part
et
un
chauffe-eau
solaire
d’autre
part
et
ces
lations. *
Chaudière, pompe de chauffage, pompes ECS (solaire et appoint), ventilation double flux, éclairage des parties communes. > Le confort d’été >
Malgré
un
été
très
chaud,
les
températures
dans
ces
été
dépassée
ici.
Mais
on
s’en
écarte
très
peu,
et
il
est
bâtiments
très
isolés
se
sont
révélées
être
relativement
probable qu’avec de meilleures habitudes sur la gestion
bonnes sans pour autant être excellentes. On fixe géné- des
ouvertures
des
fenêtres
il
devrait
être
possible
de
ralement
une
limite
de
40
heures
au
dépassement
de
retrouver rapidement des conditions de confort tout à fait
la
température
de
28°C
en
été.
Cette
limite
a
parfois
a V cceptables en été. entilation des coûts moyens de la STU HT/m Shab 2 (Enertech) >
Vers une baisse des coûts d’investissement >
L’analyse
économique
faite
sur
les
coûts
d’investisse-
ment
montre
que
les
coûts
tendent
à
diminuer
depuis
le début de l’opération en 2006. En 2006, les coûts liés
aux obligations de moyen pour la rénovation énergétique
(STU) étaient de 315
HT/m2 . On y retrouve l’isola- Shab.
tion des combles, rampants, murs et planchers bas, les
fenêtres à triple vitrage, la ventilation double flux et le
système
de
production
et
de
régulation
de
chauffage
(hors distribution).
Source Enertech
Ventilation des coûts moyens de la STU en
HT/m2Shab 6 400
350
300
250
200
150
100
50
0
Mulhouse – Franklin – 2006


Répartition des coûts de la rénovation en
HT/m2Shab. (Source Enertech) >
L’ensemble
des
coûts
liés
à
l’éner-
gie
(STU
et
installations
solaires,
distribution
de
chauffage
et
portes
palières)
représente
en
moyenne
524
HT/m2
Le coût moyen des travaux
Shab. de réhabilitation de ces bâtiments très
vétustes s’élève à 1 551
HT/m2 . Shab
>
Les
rénovations
réalisées
en
2009
présentent
un
coût
de l’ordre de 200
HT/m2 . A court terme, le coût de la
Shab
d’environ 250
HT/m2 . Les opérations qui suivent mon- rénovation à basse consommation devrait se situer entre
Shab
trent
qu’on
peut
déjà
atteindre
des
coûts
de
rénovation
180 et 200
HT/m2 selon le cabinet Enertech.
Shab.
Evolution des coûts de la STU Prix corrigé indice
BT Nov. 2009 en
HT/m2Shab (Source Enertech)

Ventilation des coûts moyens de la STU 2
HT/m Shab (Enertech)

>
>
Des
secteurs
d’amélioration
visant
à
réduire
les
coûts
Les installations solaires thermiques mises en place pour
des opérations sont envisagés, notamment sur le recours
la production d’eau chaude sanitaire (généralement entre
au
triple
vitrage
qui
avait
été
imposé
jusque

dans
le
5 et 7 m2 de capteurs) présentent un coût d’investissement
cahier des charges. Les menuisiers et/ou les entreprises
élevé
(entre
1
100
et
1
400
HT/m2
de
capteur)
mais

qui
le
mettent
en
oeuvre
aujourd’hui
imposent
des
prix
elles permettent de réduire de moitié les consommations
non justifiés. Sans modification de ces prix dans un futur
d’énergie
liées
à
la
production
d’eau
chaude
sanitaire.
proche, le triple vitrage sera abandonné comme solution
Ces prix restent cependant trop élevés par comparaison à
de
référence
et
l’amélioration
de
l’étanchéité
à
l’air
des
ce qui se fait ailleurs en France où les prix sont en général
Source Enertech
enveloppes sera privilégiée puisque ce poste permet une
inférieurs à 1 000
HT/m2
amélioration
des
performances
au
moins
aussi
impor- Ventilation des coûts moyens de la STU en
HT/m2Shab tante pour un coût plus faible. 7 400
350
300
250
200
150
100
50
0
Mulhouse – Franklin – 2006


>
Les professionnels du bâtiment :
un niveau d’information et une réceptivité très variables
> Un travail de conception à la hauteur des enjeux >
La procédure mise en oeuvre par l’aménageur a permis de
la réactivité des architectes qui ont travaillé sur ces projets
former trois équipes d’architectes qui ont travaillé sur les
est un vrai sujet de satisfaction. Très motivés, ils ont fourni
différents projets de rénovation. Chacun s’est investi minu- dans l’ensemble un travail pertinent, tant sur les dessins
tieusement dans les détails nécessaires à la réalisation de
des détails techniques, que sur le traitement de la perfor- ces projets d’une nature très nouvelle. Cette implication et
mance énergétique au niveau du chantier. > Une piste d’amélioration : la coordination entre les différents acteurs >
La coordination entre architecte et bureau d’études fluides
résolues sans une bonne formation des bureaux d’études
doit être revue et mise en place dès le début de l’opération.
aux spécificités des bâtiments basse consommation.
L’importance du poste énergie dans ces rénovations néces- >
Les
interventions
des
artisans
et
les
interactions
entre
les
site d’associer le thermicien plus en amont et un montage
différents
corps
de
métiers
doivent
être
arrêtées
avant
le
du projet en étroite collaboration. Cette nouvelle organisa- démarrage
du
chantier.
Une
bonne
coordination
entre
les
tion pourra permettre notamment de limiter les problèmes
entreprises
permettra
d’améliorer
la
qualité
de
mise
en
de surdimensionnement des systèmes de chauffage et de
oeuvre, d’éviter les pertes de temps, les surcoûts et engen- régler au mieux les difficultés liées aux passages de câbles
drera une ambiance agréable sur le chantier. et de canalisations. Ces questions ne seront toutefois pas
> Un surdimensionnement récurrent des installations techniques >
La phase de conception a mis en évidence la faiblesse des
>
L’analyse des courbes de charge des chaudières installées
bureaux d’études sur la problématique BBC. L’un d’entre eux
montre
que
la
puissance
installée
est,
selon
le
cas,
supé- n’avait
pas
identifié
qu’il
travaillait
sur
un
bâtiment
à
très
rieure de 50 à 300 % à ce qui est nécessaire. Ce surdimen- basse consommation. Ce peu d’intérêt de nombreux bureaux
sionnement engendre non seulement un surcoût d’investis- d’études pour la conception et la rénovation des Bâtiments
sement (constaté dans l’analyse économique) mais, surtout,
Basse
Consommation
est
un
problème
récurrent.
Malgré
un mauvais rendement de l’installation de chauffage, d’où
les
recommandations
et
les
avertissements
effectués
par
une surconsommation et un risque de pollution atmosphé- Enertech sur les différentes opérations du quartier Franklin,
rique. Le surdimensionnement annule en grande partie les
les
équipements
de
production
de
chaleur
ont
été
dans
gains apportés par le renforcement des performances ther- certains cas largement surdimensionnés. Il faudra accepter
miques de l’enveloppe.
définitivement l’idée que plus les besoins énergétiques des
bâtiments sont faibles, plus le rendement de génération de
la
chaudière
aura
tendance
à
se
dégrader.
Il
faudra
donc
faire très attention à ne pas la surdimensionner ! 12 10 8 Puissance chaudière 35 kW Puissance moyenne appelée 4,2 kW Puissance maximale appelée 12 kW 6 4 2 Puissance chaudière 15 kW Puissance moyenne appelée 3 kW Puissance maximale appelée 12 kW 0 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Occurence 31 rue des Vosges 33 rue des Maçons Réhabilitation Franklin (Source Enertech) 8


> Des descriptifs techniques trop souvent imprécis >
La campagne de mesure montre des dysfonctionnements
descriptions qu’on peut lire aujourd’hui dans les cahiers
dans les réglages des installations techniques. Ces régla- des charges (CCTP) sont très sommaires voire inexistan- ges
sont
du
ressort
des
entreprises
mais
il
appartient
tes.
C’est
donc
souvent
l’entreprise
qui
improvise
sur
au bureau d’études de préciser avec beaucoup plus de
le
chantier
et
définit
de
façon
empirique
les
modes
de
soin
les
modes
de
fonctionnement
des
auxiliaires.
Les
fonctionnement des auxiliaires. >
Le chantier basse consommation : une question de qualité
>
Il est important de relever que les chantiers n’ont pas
les, l’ensemble des techniques utilisées était connu des
nécessité
de
rupture
technologique
pour
parvenir
au
entreprises qui sont intervenues.
résultat.
Malgré
les
épaisseurs
d’isolant
peu
habituel- > La qualité de mise en oeuvre : le secret de la réussite d’un chantier BBC >
On se trouve néanmoins confronté à une problématique
récurrente
sur
les
chantiers
de
rénovation
«classi- ques», à savoir le manque de soin apporté à la mise en
oeuvre des différents composants. Les «petits défauts»
considérés comme insignifiants sur un autre projet ont,
sur un chantier basse énergie, un impact important sur
les
consommations
ultérieures.
On
peut
en
particu- lier
citer
le
poste
isolation
(détérioration
de
l’isolant
avant la pose, oubli de l’isolant à certains endroits,…)
ou
les
composants
techniques
(programmations
de
chaudière
et
régulations
mal
ajustées,
débits
de
ven- tilation
erronés,
installations
solaires
régulièrement
hors service,…). >
Les chantiers BBC doivent faire l’objet d’une sensibilisa- Il faut seulement y apporter beaucoup de soin car c’est
tion de tous les intervenants avant leur commencement.
dans les petits détails qu’on va retrouver les sources de
Il
est
ensuite
nécessaire
que
ce
soient
les
personnes
dégradation de la consommation. Un chantier basse éner- sensibilisées
qui
interviennent
sur
le
chantier.
Le
turn- gie nécessite un suivi de bout en bout par chaque interve- over des entreprises intervenant doit donc être maîtrisé.
nant et un soin tout particulier dans la mise en oeuvre.
Un
chantier
de
rénovation
à
basse
consommation
n’est
pas plus complexe que n’importe quelle autre opération.
9


> L’étanchéité à l’air : un principe incontournable > En 2005, les techniques nécessaires pour rendre une enve- lot s’engage sur le niveau de performance demandé (n
< 1 vol/h)
50 loppe
étanche
à
l’air
n’étaient
pas
encore
bien
connues
mais
n’est
pas
responsable
d’une
dégradation
de
l’étanchéité
et
maîtrisées
en
France.
Cette
approche
n’a
donc
pas
été
liée à l’intervention d’un autre professionnel (pose des fenêtres,
introduite dans le cahier des charges, excepté sur la jonction
passage câbles, etc.). Une réunion d’information à destination des
menuiserie/maçonnerie et aucune exigence n’a été fixée sur
entreprises est systématiquement organisée en début de travaux
le niveau de perméabilité à l’air à atteindre après travaux. afin d’impliquer les personnes intervenant sur le chantier et d’or- ganiser la coordination entre les différents lots.
>
Le test à la porte soufflante a donc confirmé sans aucune
ambiguïté
que
l’étanchéité
à
l’air
des
enveloppes
était
de mauvaise qualité. Les tests effectués sur 3 bâtiments
terminés ont montré un débit de fuite sous 50 Pascal de
dépression
(n )
allant
de
3
à
7
vol/h.
Rappelons
que
le
50 gain énergétique est estimé à environ 4 kWh/m2 par unité
de n . 50 >
Pour les rénovations en cours et à venir, un objectif de perméabilité
à l’air a été fixé à 1 vol/h sous 50 pascal de dépression (n ), soit
50 un gain énergétique potentiel de 10 à 30 kWh/m2.an. Afin d’y par- venir, il est proposé au maître d’ouvrage de mettre en place un lot
spécifique «étanchéité à l’air». Ce lot comprend la pose des mem- branes freine-vapeur (indépendamment de l’isolant) et la gestion
de l’interface entre les différents lots. L’entreprise titulaire de ce
>
Gestion et utilisation du bâtiment : une attention particulière > La mise en service et suivi des installations techniques ne doivent pas être laissés
au hasard >
A l’issue du chantier, on peut soulever le problème du bon
pements
sont
souvent
négligés
en
ce
sens
que
chacun
fonctionnement des installations techniques à la réception et
considère leur fonctionnement comme banal et ne néces- celui du service fourni pendant la première année de fonction- sitant
aucune
attention
particulière.
Il
faut
au
contraire
nement. Malgré les dérives constatées et signalées, certains
attacher un soin tout particulier à définir les régimes de
problèmes restent encore non résolus deux ans après la mise
fonctionnement de ces auxiliaires, à préciser les périodes
en service. S’il n’est pas du ressort de l’entreprise de définir le
pendant lesquelles ils doivent être à l’arrêt, et à optimiser
fonctionnement des auxiliaires, c’est cependant à elle de les
à
tout
instant
leur
fonctionnement.
A
cet
effet,
l’entre- faire fonctionner correctement une fois que les préconisations
prise qui réalise l’entretien des installations techniques
ont été communiquées par le bureau d’études.
doit mettre en place un carnet d’entretien dans lequel elle
consigne
toutes
les
interventions
qui
ont
été
réalisées,
>
Il est essentiel de souligner l’importance du soin à appor- ainsi que les dysfonctionnements constatés. ter au pilotage de tous les auxiliaires de chauffage, ven- tilation
et
production
d’eau
chaude
sanitaire.
Ces
équi- 10


> Les occupants doivent apprendre à utiliser leur logement basse consommation >
Les préoccupations des locataires sont souvent très éloignées
· Pour les nouvelles mises en location : il faut préciser dès le
des économies d’énergie et de la protection de l’environne- départ au locataire potentiel le type de logement qu’il va occu- ment. Malgré les informations qu’ils ont pu recevoir de la part
per et lui demander de s’engager à chauffer à 19°C maximum
de l’ALME, de l’agence immobilière ou du maître d’ouvrage,
(le stipuler dans le contrat de location si c’est possible). les dérives dans le comportement des utilisateurs sont visi-
· Pour les locataires en place, réaliser une enquête sociologique,
bles : ouverture des fenêtres en battant pendant la journée
comportementale, et de satisfaction par rapport au logement
en
hiver,
dégradation
des
têtes
électrothermiques
(réglées
occupé
qui
permettra
de
soulever
les
points
de
divergence
sur 19°C maximum pour certaines), obstruction des bouches
entre les intérêts personnels de l’occupant (confort d’usage
de
ventilation,
etc.
En
moyenne,
les
températures
relevées
notamment) et les objectifs et le principe même de fonction- en
hiver
dans
les
bâtiments
ont
légèrement
dépassé
20°C.
nement du bâtiment basse consommation. Rappelons que le Code de la construction et de l’habitation
impose une température moyenne inférieure à 19°C dans les
· Travailler avec les animateurs de quartiers afin d’adapter la
logements. fiche d’information, éventuellement la traduire en d’autres
langues et organiser des réunions régulières des occupants
>
On a également vu apparaître un effet «boomerang» sur les
des logements basse consommation dans le quartier. consommations liées au comportement des habitants. Du fait
que le logement soit basse consommation, certains occupants
ont poussé le chauffage au maximum, estimant que la facture
finale ne serait de toute façon pas élevée. Il faut rappeler que
chaque
degré
supplémentaire
dans
un
bâtiment
très
isolé
conduit à une augmentation de la consommation de 15%. >
Un travail d’accompagnement plus poussé à destination des
occupants de ces logements encore peu courants est néces- saire. Les pistes d’approches sont les suivantes : >
Une approche objective et évolutive pour de meilleurs résultats
>
L’opération de rénovation du quartier Franklin est la pre- rénovations. Les équipes de maîtrise d’oeuvre, architec- mière opération de rénovation à très basse consommation
tes
et
bureaux
d’études,
et
les
entreprises
et
artisans
de France. Elle est très constructive par son approche à la
doivent
donc
être
formés
et
sensibilisés
pour
répondre
fois objective (indépendance de l’ALME et d’Enertech par
aux exigences de tels chantiers. Le niveau de qualité du
rapport aux différents acteurs : maître d’ouvrage, architec- travail des intervenants est primordial pour atteindre la
tes, bureaux d’études, artisans, locataires…) et évolutive
performance recherchée dans ces bâtiments. (succession de bâtiments à rénover avec amélioration de
>
Pour ce faire, et sur la base des expériences précédentes,
la démarche). une démarche originale a été formalisée et appliquée sur
>
La
solution
Technique
Universelle
(STU)
établie
par
les rénovations en cours. Elle inclut une nouvelle façon
Enertech a permis de simplifier considérablement le tra- de travailler, une recherche d’optimisation de l’investis- vail
des
professionnels
du
bâtiment,
en
particulier
des
sement, mais aussi une sensibilisation des artisans sur
bureaux d’études, à qui elle a fourni la liste des moyens
les
chantiers.
Il
est
en
effet
indispensable
d’expliquer
à
mettre
en
oeuvre
sur
ces
bâtiments
pour
atteindre
le
à
tout
ouvrier
intervenant
sur
le
chantier
ce
qu’on
lui
niveau souhaité. C’est une méthode de travail opération- demande, et surtout, pourquoi le geste est différent de
nelle et pragmatique.
ce qu’il faisait jusqu’à présent. Cette nouvelle façon de
faire
devrait
notamment
aboutir
à
une
prise
en
compte
>
Cette
opération
prouve
qu’il
est
possible
d’atteindre
optimale des problématiques d’étanchéité à l’air dans ce
facilement
des
objectifs
ambitieux
de
consommation
type de bâtiment en rénovation basse énergie. Enfin, une
énergétique avec les moyens techniques actuels, à l’instar
bonne information préalable et un suivi des futurs occu- d’opérations dans d’autres pays européens qui font déjà
pants viendront compléter et optimiser cette démarche.
des
rénovations
«passives».
La
diminution
des
coûts
et
Les mesures qui seront faites à l’issue du chantier et de
leur maîtrise doivent maintenant permettre la généralisa- la première année de fonctionnement de ces bâtiments,
tion des rénovations en basse consommation. ainsi que la labellisation prévue permettront de valider
>
On peut conclure que l’implication de tous les interve- ces prévisions. nants
successifs
est
nécessaire
pour
réussir
de
telles
11


> Documents disponibles
·
«Mulhouse
­
Quartier
Franklin
­
Evaluation
technico-économique
de
MULHOUSE Quartier Franklin réhabilitations
basse
consommation
Evaluation technico-économique de réhabilitations « basse consommation » d’immeubles d’habitation d’immeubles d’habitation» ­ Enertech
Rapport final – Mai 2010 Mars 2010 INGENIEURS CONSEILS 26160 Félines sur Rimandoule 04 75 90 18 54 -contact@enertech.fr enertech.fr
· «Quelques conseils pour bien profiter
des avantages de votre logement éco- nome
en
énergie»
­
Enertech/ALME
­ Septembre 2007
· «Etude sur la basse énergie appliquée
aux
bâtiments
anciens
­
Faisabilité
technique et économique» ­ Enertech
­ Juin 2005
· «La basse et très basse énergie dans
l’habitat neuf et rénové ­ Etat des lieux
et retours d’expérience de 4 pays euro- péens» ­ ALME ­ Février 2005 Agence Locale de la Maîtrise de l’Énergie Mulhouse Sud-Alsace 40 rue Marc Seguin 68060 Mulhouse cedex Tel : 03 89 32 76 96 Fax : 03 89 32 76 95 www.alme-mulhouse.fr www.energivie.fr Alsace
énergivie

est
un
programme
d’actions
innovatrices
initié
par
la
Région
Alsace
pour
développer
l’efficacité
énergétique
et
les
énergies
renouvelables en Alsace, avec l’ADEME et l’Union européenne.
U n i o n
e u ro p é e n n e